Fondaterra (fondation européenne pour des territoires durable) organisait le 12 juin dernier avec le Conseil régional d’Île-de-France et le réseau francilien de recherche sur le développement soutenable R2DS un colloque consacré à « L’état des lieux et perspectives sur les outils de mise en œuvre et d’évaluation des écoquartiers ». Une manifestation qui visait à faire connaître et diffuser les différents outils et démarches permettant d’intégrer les principes du développement durable dans les programmes d’aménagement et de renouvellement urbain, afin d’en systématiser l’application sur les territoires de la région Île-de-France.
Des enjeux spécifiques franciliens. En introduction de la journée, Jean-Pierre Palisse, Directeur général adjoint de l’IAU Île-de-France, a présenté les cinq enjeux majeurs de l’aménagement durable des territoires franciliens.
- le renouvellement urbain : l’objectif de stopper l’étalement urbain implique de reconstruire la ville sur elle-même en exploitant au maximum les gisements fonciers urbains ;
- la réversibilité, l’adaptabilité et l’évolutivité du territoire : les choix urbains d’aujourd’hui doivent faciliter les évolutions futures et permettre la densification, en privilégiant des technologies réversibles ;
- le couple ville / mobilité : l’objectif doit être porté vers la durabilité des déplacements et il est nécessaire pour cela de réintroduire les déplacements comme une composante majeure du projet urbain ;
- l’intégration métropolitaine : il faut permettre une porosité des espaces sans pour autant perdre leur identité, et renforcer la cohésion territoriale et sociale ;
- les enjeux écologiques : les potentiels naturels et de la biodiversité doivent être préservés et valorisés, tandis que les écoquartiers doivent permettre de réintroduire la nature en ville.
Près de 80 outils répertoriés. A l’occasion d’une table-ronde consacrée aux méthodes d’aménagement et d’évaluation des écoquartiers, Vincent Augiseau, ingénieur d’étude et de recherche au Centre Scientifique et Technique du Bâtiment (CSTB), a dressé un panorama des méthodes et outils existants au service des projets de quartiers durables. Leurs points communs résident notamment dans leur approche transversale et leur capacité à créer un savoir commun partagé. Vincent Augiseau en recense 78 de différente nature :
- les outils de questionnement de type check-list (ex. grille RSTO2, HQE²R…),
- les systèmes d’indicateurs (ex. RESPECT…),
- les actions préconisées,
- les trames de document (cahier des charges type, charte…),
- les tableurs Excel,
- les référentiels et certifications.
Les outils existants sont essentiellement conçus pour la phase amont de conception du projet. Il n’existe en revanche que peu d’outils spécifiques aux phases de montage réglementaire, d’appel d’offres, de montage opérationnel ou de travaux. En outre, ce sont des outils relativement « jeunes » (moins de 5 ans) pour lesquels les analyses des usages restent à effectuer.
Colloque Teddif. Sur le même thème, le réseau Teddif organise le 8 juillet prochain une journée technique « Comment concevoir des quartiers durables en Ile-de-France ? Enjeux, méthodes et leviers ». Destinée exclusivement aux collectivités territoriales – élus et agents –, urbanistes, architectes, aménageurs et associations d’Île-de-France, elle vise à faire partager les questions, les avancées mais aussi les marges de progrès et les recommandations méthodologiques en la matière. Cette rencontre sera également l’occasion de clarifier l’offre régionale (organismes ressources, dispositifs de soutien financier et méthodologique, outils…) pouvant accompagner les maîtres d’ouvrage et les maîtres d’œuvre dans la conception des quartiers durables.
Anne Chobert