Quartiers durables en Île-de-France : bilan et recommandations

15/07/2009

A l’occasion de la journée organisée par les partenaires de Teddif, l’IAU Ile-de-France et Ekopolis sur la conception des quartiers durables en Ile-de-France, les 120 participants ont pu débattre des avancées réalisées et des recommandations méthologiques.

Bilan des démarches en cours. La prise en compte des enjeux de développement durable à l’échelle d’un quartier a un réel écho auprès des collectivités franciliennes. En témoignent les 22 Approches environnementales de l’urbanisme (AEU®) soutenues par l’Ademe appliquées à l’échelle d’un quartier, les 8 Ecoquartiers financés par la Préfecture de Région dans le cadre du CPER 2007/2013, les 65 candidats Nouveaux quartiers urbains malgré les délais courts de la procédure de l’appel à projets de la Région ou encore les 13 candidats à l’appel à projets Rénovation urbaine et urbanisme durable lancé par l’Anru et la Caisse des dépôts. Ces démarches sont récentes. « Mais d’ores et déjà la réflexion en matière de durabilité des projets progresse même si les collectivités ont encore des progrès à accomplir » constate Véronique Hostein, chef du service agglomération et espaces urbains de la Région Ile-de-France. Parmi ceux-ci, les principaux concernent la prise en compte de l’approche environnementale surtout dans les zones denses à fortes contraintes, l’innovation notamment en matière de densité et de mixité, le développement d’une réflexion socio-culturelle prospective sur le quartier, sa population et ses modes de vie, son identité. « Le projet de quartier doit d’avantage intégrer l’espace alentour et les cohérences territoriales (SDRIF, SCOT, PLH, PLD, proximité avec une ligne de transport en commun…) » souligne Martine Liotard de l’IAU Ile-de-France.

Retours d’expériences et recommandations méthodologiques.

L’atelier « Comment faire des quartiers existants des quartiers durables ? » s’est appuyé sur la présentation de 7 expériences issues de l’appel à projets de l’Anru et la Caisse des dépôts : Plaine Commune, Creil, Paris, Garges-lès-Gonesse, Montreuil, Mulhouse et Auxerre. Il a permis d’identifier des clés communes à l’ensemble des projets et des enseignements reproductibles. L’identité du quartier est une question essentielle qu’il convient parfois de faire évoluer ou de reconstruire à l’instar d’Auxerre où les concepteurs sont partis du site originel (résurgences, eau, milieux naturels…) pour créer une nouvelle identité structurée autour d’une trame verte et bleue : ruisseau, bassin d’orages, jardins partagés… Le projet constitue aussi une opportunité pour faire émerger une économie locale, de l’emploi et des dispositifs de formation, comme à Plaine Commune où des formations ont été développées autour de la construction bois. Enfin, l’intégration du citoyen à la construction du projet et à la future gestion urbaine de proximité constitue un facteur clé de la réussite du projet. C’est le cas de Creil où les habitants furent associés à la conception et aux réflexions sur la future utilisation des logements ou de Mulhouse où les habitants sont invités à utiliser des des modes de déplacements alternatifs.

Les participants de l’atelier « Comment créer un quartier durable ?» ont débattu à partir de « l’opération Neptune », nouveau quartier construit sur une friche navale au cœur de l’agglomération Dunkerquoise. De cette démarche engagée il y a 20 ans ressortent trois points remarquables :

- Une démarche collective dès l’amont qui associe des partenaires publics et privés (la collectivité, l’aménageur, l’architecte-urbaniste et un groupement promoteurs-bailleurs) pour permettre notamment une plus grande mixité sociale et générationnelle

- La création d'un lien avec le reste du territoire. Les ponts, les passerelles, les transports en commun jouent un rôle essentiel pour relier les quartiers et favoriser les flux.

- Une démarche qui a su prendre en compte les contraintes du SCoT et utiliser les possibilités offertes par le PLU qui a laissé une grande liberté à l’expression architecturale.

L’atelier « Comment rattraper un projet en cours ? » a mis en évidence les méthodes et les outils à développer pour réintégrer les approches du développement durable selon l’état d’avancement du projet. Il est toujours possible de modifier un projet. Si le plan de composition est arrêté, on peut réaliser des études spécifiques pour optimiser les performances environnementales, définir des préconisations pour la conception des bâtiments, le chantier et l’usage… En cas d’achèvement de la conception du projet urbain, des documents contractuels spécifiques (cahier de prescriptions environnementales et de développement durable) permettent de fixer des exigences vis-à-vis des opérateurs. Le recours aux acteurs externes (les citoyens à l’instar d’Eco ZAC à Paris) peut jouer un rôle important pour enrichir le projet.

Anne Chobert et Frédérique Dequiedt

 
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