Mesurer les effets négatifs des TIC en matière de développement durable, réaliser un bilan carbone numérique ou encore utiliser les TIC dans le domaine des transports… l’étude publiée par l'OTEN (observatoire des territoires numériques) brosse toutes les pistes d'action dont disposent les collectivités pour utiliser les TIC au service du développement durable.
Dans une première partie, l'auteur s'interroge sur les effets des TIC en matière de développement durable. Après avoir constaté la difficulté à mesurer ces impacts, il indique toutefois que les des effets directs des infrastructures numériques en matière environnementale sont connus et mesurés ( consommation énergétique, toxicité des composants, etc.) et partiellement compensés par les politiques publiques. En revanche les effets induits par l'utilisation des TIC dans les processus de fabrication, de transports sont encore mal quantifiés. Il souligne la faiblesse des effets positifs liés au télétravail ou à l'e-commerce : on notera ainsi que le commerce électronique peut réduire les déplacements des clients, mais en génère d'autres (notamment aériens) car il donne accès à des marchés éloignés. En conclusion de cette première partie, l'auteur indique plusieurs méthodes de mesure des impacts des TIC comme la réalisation d'un bilan carbone des projets ou des infrastructures numériques, la réalisation d'un écobilan qui mesure les impacts environnementaux d'un produit ou d'un service pendant toute son cycle de vie ou encore la mise en place d'indicateurs. Toutefois ces démarches restent lourdes et complexes à mettre en œuvre.
Informatique verte. La deuxième partie du rapport est consacrée aux différents moyens de maîtriser les effets négatifs des TIC, ce que l'on qualifie « d'informatique verte » ou responsable. Dans ce champ les collectivités peuvent intervenir sur leur propre parc informatique ou sur ceux qu'elles financent (comme ceux des lycées pour les régions) ; dans le cadre de leur politique d'aménagement numérique ou encore en sensibilisant les publics à des questions. Il est ainsi conseillé de choisir des équipements labellisés, peu énergivores,d’inciter les utilisateurs à modifier leurs pratiques, d’optimiser les architectures informatiques ou encore les types d'hébergement. Pour chaque conseil, le rapport indique un ensemble de références et de ressources en ligne. Dans la dernière partie du rapport, l'auteur s'attache à examiner quelle peut être la contribution des TIC aux actions envisagées par les régions et les départements en matière de développement durable. A partir d'expériences, il montre les apports possibles des TIC dans les domaines de la mobilité ( co-voiturage, transport à la demande, visibilité de l'offre de transports), de la collecte et du tri des déchets ménagers.(amélioration de l'efficacité de la collecte, pesée embarquée des déchets), de la gestion des ressources naturelles ( maîtrise des consommations énergétiques, risques naturels), de la santé (hospitalisation à domicile, télémedecine, etc.). Une base de données d’initiatives, IRIS consultable sur le site d’OTEN, fournit plus de 250 monographies de projets numériques innovants, complétés par des études régionales et thématiques.
Armelle Laperriere