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Développement économique

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puce Ecologie industrielle | 05-03-2013

L’économie circulaire, comme la transition énergétique, implique des approches territorialisées

François-Michel LAMBERT - Lancement de l'Institut de l'économie circulaire © DR

François-Michel LAMBERT - Lancement de l'Institut de l'économie circulaire © DR

Les travaux menés depuis un an par Etd (1) sur le thème de l’écologie industrielle - et dont les résultats seront publiés au cours du mois de mai - viennent de trouver un écho politique au niveau national, avec la création le 6 février dernier de l’Institut de l’économie circulaire. Impulsé par le député des Bouches du Rhône François-Michel Lambert (EELV), également vice-président de la commission développement durable de l’Assemblée nationale, cet institut a été officiellement « lancé » à l’occasion d’une journée organisée dans les locaux de l’assemblée nationale, en présence de 250 personnes et avec le soutien de nombreuses personnalités, dont la sénatrice Chantal Jouanno (UDI). Comptant huit entreprises fondatrices - GrDF, Ecofolio, La Poste, Federec, FNH, le syndicat français de l'Industrie cimentière, Euromed Management et Kedge Business School, et une soixantaine de structures adhérentes, l’Institut vise la promotion d’un nouveau modèle économique rompant avec la logique d’économie linéaire. A l’équation souveraine « extraire, produire, consommer, jeter », l’économie circulaire propose un système alternatif fondé sur le cycle des écosystèmes, où les déchets des uns sont récupérés pour devenir des ressources pour d’autres. Si l’objectif paraît simple, la mise en œuvre de telles démarches se heurte à de nombreux obstacles. Groupes de réflexions, ateliers, expérimentations, communication… Le chantier est vaste, avec en ligne de mire la rédaction d’ici à 2014 d’un livre blanc et d’un projet de loi en 2017. Entretien avec François-Michel Lambert.

 

Elu en 2012 dans les Bouches du Rhône, vous avez intégré les bancs de l’Assemblée nationale en expliquant que vous serez le « député de l’écologie circulaire ». Comment est né votre combat politique en faveur de ce thème?

Mon engagement remonte au début des années 90, lorsque jeune adhérent du parti écologiste et travaillant chez Pernod Ricard, j’ai contribué à la mise en place d’une filière de recyclage. La prise de conscience de la nécessité de réutilisation des produits, fondée sur un cercle vertueux, a démarré à cette époque et n’a eu de cesse de grandir, grâce à mes expériences de terrain. En 2007, dans le cadre de missions de conseil effectuées auprès des collectivités sur des questions d’aménagement du territoire et de flux de marchandises, j’ai particulièrement investi la notion d’écologie industrielle dans le cadre du projet « Fos 2020 », consacré à l’aménagement de la zone industrialo-portuaire de Fos-sur-Mer. Devant l’épuisement des ressources, la logique de l’économie linéaire - consistant à extraire, produire, consommer, jeter - n’a plus d’avenir et est totalement incompatible avec la notion de développement durable. Un nouveau modèle de développement économique doit émerger, inspiré du fonctionnement des écosystèmes, du bio mimétisme, où rien ne se perd et tout se transforme. L’économie circulaire est la réponse à cet enjeu et à cette nécessité. Ce défi, je le porte en tant que député des Bouches du Rhône, avec au niveau régional de forts enjeux liés à l’avenir du port de Marseille-Fos, et aujourd’hui en tant que président de l’Institut de l’économie circulaire.

Quelle est la vocation de cette structure ?

Par essence, l’économie circulaire s’appuie sur un système d’interrelations, d’interdépendances, sur une approche systémique qui nécessite que tous les acteurs d’un territoire soient impliqués : les entreprises, les collectivités locales, les universités, les chercheurs, les associations, les consultants, etc. Avec mon équipe, nous avons fait le constat que de nombreuses initiatives existaient sur les territoires, mais qu’il manquait à l’appel une structure fédérant toutes les strates de la société pour une mise en dynamique de cette économie circulaire. La création de notre Institut vient combler ce besoin. Echanges, confrontations, expérimentation, promotion… Notre action se veut très concrète avec une feuille de route précise qui devra conduire à l’élaboration d’un projet de loi en 2017.

Comment se dessine cette feuille de route précisément ?

Plusieurs ateliers ont été constitués*. Une des premières actions est d’agir sur les leviers législatifs et réglementaires qui permettront d’encourager cette économie circulaire. Et de lever les freins existants. Depuis 200 ans en effet, la législation ne fait que conforter le modèle d’une économie linéaire. J’ignore totalement encore à quoi ressemblera ce projet de loi car avant de proposer autre chose, il faut repérer les blocages existants pour parvenir à déconstruire une partie de la réglementation. C’est un travail très long, beaucoup plus complexe que la rédaction d’une loi sociétale ! Pour ce faire, nous prévoyons, en parallèle du travail conduit dans le cadre de l’un des ateliers que nous avons mis en place, de saisir le Conseil économique, social et environnemental afin qu’il puisse rédiger un rapport d’analyse sur ce sujet. Nous tablons sur 2014 pour obtenir une connaissance fine des contraintes et des possibilités d’actions qui nous permettrons ensuite de nous consacrer à la préparation du projet de loi.

Comment voyez-vous le rôle spécifique des collectivités territoriales ?

De même qu’on ne plante pas une essence végétale du sud de la France en Lorraine ou ailleurs dans le nord, l’économie circulaire ne s’invente pas ni ne peut s’appliquer de manière uniforme. L’économie circulaire, c’est une logique de circuit court : les réponses sont nécessairement territorialisées, parce qu’elles doivent s’appuyer sur les spécificités et les particularités locales. Chaque territoire doit donc regarder quels sont ses atouts et ses contraintes, analyser les jeux d’acteurs en place. Sans oublier l’enjeu fondamental qui consiste à casser, au service de cette cohérence d’action territoriale, les limites administratives et artificielles, y compris les frontières, existantes. Une fois ces étapes accomplies interviennent alors les choix en matière de structuration, de maillage et d’aménagement territorial.

Que pensez-vous des débats actuels sur la transition énergétique ?

J’ai été récemment invité dans un grand média français pour parler de gaz de houille. Cela m’agace quelque peu de constater que ce sujet, comme celui du gaz de schiste, de l’éolien offshore, ou du photovoltaïque à grande échelle, suscite un grand intérêt, tandis que celui de la biomasse n’interpelle quasiment personne. Et pourtant, cela représente 60% des énergies renouvelables en 2020, et 17% de notre mix énergétique futur. La valorisation des déchets dispose d’un très grand potentiel, mais son image est bien sûr nettement moins vendeuse… Nous voyons bien à quel point, au-delà des freins réglementaires, il est nécessaire d’opérer un changement des mentalités ! En France, le nucléaire a créé une idée centraliste terrifiante qui consiste à  considérer l’innovation technologique et les méga projets comme des voies royales. Or, encore une fois, la transition énergétique passe par des approches territorialisées. Il est temps de rompre avec l’idée que nous, Français, disposons d’une solution unique et uniforme à chacun de nos maux.

Propos recueillis par Sylvain Baudet et Marine Jacquet

Ateliers : *analyse des freins à l’économie circulaire ; comment optimiser les circuits courts inverses pour les biens de consommation ; intégration de l’économie circulaire dans une stratégie d’entreprise ; économie de la fonctionnalité : de la vente à son usage ; le cradle-to-cradle : une application concrète de l’économie circulaire. 

(1) dans le cadre d'un partenariat avec GrDF et avec la participation d'Orée

En savoir +

Consultez le site de l'Institut de l'économie circulaire

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