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Stratégie européenne de la biodiversité : la commission donne le ton pour l’après-2010

26/01/2009

Les 27 et 28 janvier 2010, se tiendra la Conférence de Madrid qui réunira états membres, institutions européennes et parties prenantes sur le thème de « l’après-2010, vision et objectifs en matière de biodiversité ». Elle est la première étape du processus de définition de la nouvelle stratégie européenne en faveur de la biodiversité prévue pour fin 2010.
Dans cette intention, la commission européenne a publié le 19 janvier un communiqué qui fait le point sur les résultats obtenus à ce jour et propose de mettre en discussion lors de cette conférence, 4 scénarios possibles de préservation de la biodiversité pour l’après 2010.

Bilan 2010 : des lacunes et des solutions pour progresser

Dans son communiqué, la commission déplore que l’objectif que s’était fixé l’UE en 2001 « d’enrayer la perte de la biodiversité d’ici 2010 » n’ait pas été atteint. A cet égard, elle met en évidence un certain nombre de facteurs explicatifs en ouvrant sur des solutions possibles.
Le réseau Natura 2000 a pris du retard dans sa mise en œuvre, un retard attribué en particulier au manque de ressources affectées aux mesures de conservation. Ce réseau écologique européen que les états membres se sont engagés à préserver, sera finalisé cette année pour sa partie terrestre et en 2012 pour sa partie maritime.
Au plan stratégique, les sols et les espèces invasives qui jouent un rôle majeur dans l’érosion de la biodiversité ont manqué d’une politique plus approfondie. Même chose pour les services éco-systémiques [1] . Dans cette optique, la réalisation d’une cartographie et d’un audit sur ces services sont en cours. Ses conclusions seront rendues d’ici la fin de l’année par l’Agence européenne de l’environnement (AEE). Une autre mesure de portée stratégique vise à mieux coordonner le développement des trames vertes : à cette fin, la commission encourage l’échange de bonnes pratiques qui viendront nourrir la future stratégie européenne relative aux trames vertes prévue pour après 2010.

De nombreuses lacunes persistent d’autre part, en connaissances et en données notamment parce que la complexité de la biodiversité a compliqué d’autant la définition d’indicateurs. Dès juin prochain, l’AEE finalisera un premier niveau de référence et lancera la « Bise », la base de données européenne sur la biodiversité.

Par ailleurs, la commission regrette les incohérences existant entre certaines politiques et celle de la préservation de la biodiversité, qui génèrent des impacts négatifs sur les écosystèmes. Elle recommande, pour les infléchir de mieux intégrer la biodiversité dans les autres politiques.
Enfin, une meilleure estimation des besoins financiers s’avère essentielle. Elle pourra s’appuyer sur l’évaluation en cours des fonds nécessaires à la gestion des sites Natura.

L’après-2010 : 4 options pour 4 niveaux d’ambition

En ce qui concerne l’après-2010, la commission propose une perspective à long terme (2050) avec des objectifs intermédiaires à atteindre qui devront intégrer, et c’est une nouveauté, le rôle des écosystèmes et des services qu’ils fournissent. La première échéance intermédiaire est fixée à 2020 avec 4 options possibles :

L’option 1 vise à « ralentir » la « perte de la biodiversité et de ses services éco-systémiques», l’option 2 reporte à 2020 l’objectif actuel de l’« enrayer », l’option 3 a pour ambition de « l’enrayer et de les restaurer dans la mesure du possible », et la dernière de « l’enrayer, les restaurer dans la mesure du possible et d’intensifier la contribution de l’UE à l’objectif mondial ».

C’est donc par un débat sur ces 4 scénarios que s’ouvrira, lors de la conférence de Madrid, le processus d’élaboration de la nouvelle stratégie européenne en faveur de la biodiversité. Elle devra tenir compte aussi, des objectifs internationaux qui seront négociés en octobre prochain à Nagoya, au Japon.

Tiphaine Kervadec

[1] les services éco- systémiques sont les bienfaits que l’homme peut obtenir des écosystèmes : services d’approvisionnement (alimentation, eau), services de régulation (inondations, maladies) services culturels (récréatifs, spirituels) et services de soutien qui maintiennent des conditions favorables à la vie sur Terre, tels que le cycle des éléments nutritifs.
Source : glossaire du Millenium Assessment Act p. 601

 
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