Combien d’ « emplois verts » ont-ils déjà été créés à travers le monde? De quels types d’emplois s’agit-il ? Combien pourrait-on en créer à l’avenir ? Quelles sont les politiques à mettre en œuvre pour assurer leur développement ?
C’est à ces questions que le rapport "Emplois verts : pour un travail décent dans un monde durable, à faibles émissions de carbone", élaboré à la demande du PNUE par l’Institut Worldwatch avec l’assistance technique du Labor Institute de l’Université Cornell, tente d’apporter des réponses en mettant en lumière l’incidence du passage à une économie « écologiquement rationnelle »sur l’activité et l’emploi.
Définition élargie. Dans ce rapport, les « emplois verts » sont définis dans une acception élargie. Ce sont ceux qui, dans l’agriculture, l’industrie ou les services, contribuent à la préservation ou au rétablissement de la qualité de l’environnement.
Les auteurs nous rappellent que c’est dans le registre de l’efficacité énergétique, notamment dans les bâtiments et la construction, que l’on peut au mieux agir sur la réduction des gaz à effet de serre et que le potentiel de création d’emplois est le plus grand. Et de citer une étude commanditée par le gouvernement britannique indiquant que, pour chaque million d’euros investi dans l’efficacité énergétique résidentielle, de 11 à 13 emplois équivalents temps plein avaient été créés.
Toujours selon les auteurs, le marché mondial des produits et services environnementaux devrait doubler en passant de 1 370 milliards de dollars par an à l’heure actuelle à 2 740 milliards d’ici 2020. La moitié de ce marché concernera l’efficacité énergétique et l’autre moitié les transports durables, l’alimentation en eau, l’assainissement et la gestion des déchets. Les investissements dans l’amélioration de l’efficacité énergétique des bâtiments pourraient générer, à eux seuls, 2 à 3,5 millions d’emplois verts supplémentaires en Europe et aux Etats-Unis.
Sylvain Baudet